En 2025, l’activité de recherche clinique en Europe a continué de reculer, prolongeant une tendance engagée depuis la fin de la période Covid-19. Ce recul, qui touche l’ensemble des pays européens, semble profiter à la région Asie-Pacifique ainsi qu’aux États-Unis. Parmi les explications possibles figurent la mise en œuvre des nouvelles réglementations européennes sur les médicaments et les dispositifs médicaux, dont l’appropriation demande plus de temps qu’anticipé, ainsi que l’intensification de la concurrence d’autres régions du monde.
La France conserve sa position de leader en Europe, principalement grâce à la solidité de sa recherche académique, en particulier dans les études interventionnelles. La recherche à promotion industrielle y recule plus nettement que la recherche académique. Le recul des études sur les dispositifs médicaux (DM) en 2025 est
également marqué, surtout pour les études observationnelles, dont la pertinence tend à diminuer dans le cadre des exigences renforcées des règlements européens sur les dispositifs médicaux et le diagnostic in vitro (MDR et IVDR).
Dans les études en oncologie, quel que soit le type de promotion ou d’étude, la France demeure leader en 2025, confortant une position occupée depuis plusieurs années consécutives.
Il en va de même pour la recherche en Maladies Rares, où la France conserve également son leadership.
En Europe, s’agissant des études à promotion industrielle, le classement est resté stable sur les trois années : l’Espagne en tête, devant l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France. L’Allemagne a connu en 2024 un recul relativement plus marqué
que ses voisins, réduisant son avance, mais elle conserve sa 2e place ; la France se maintient au 4e rang, au contact du Royaume-Uni.
L’Espagne a consolidé sa position de leader européen sur ce segment, dans un contexte de déplacement des initiations d’essais cliniques du Nord et de l’Ouest de l’Europe vers l’Europe du Sud, en particulier l’Espagne, le Portugal et la Grèce.
Pour la promotion industrielle et la compétition intra-européenne, le levier le plus efficace à court terme réside dans les initiatives garantissant une mise en place plus rapide des essais : délais d’autorisation plus courts, ouverture plus rapide des centres et inclusion plus rapide des patients. Ce sont elles qui sont le plus à même de redonner à la France son rang antérieur — et il faut le faire savoir. À ce titre, les initiatives Fast-track et le contrat unique sont favorables et méritent d’être amplifiées.
Plus largement, la compétitivité ne se joue pas sur le seul cadre réglementaire : elle dépend aussi des conditions opérationnelles — code de conduite, interopérabilité, construction de l’Espace européen des données de santé (EEDS) — et d’un accès simple et favorable aux financements, notamment pour les start-ups, afin de soutenir le développement de notre industrie et l’accès des patients à des thérapies innovantes. Dans cette perspective, l’AFCROs, via sa représentation européenne EUCROF, est en première ligne dans les échanges avec l’EMA et les instances européennes.
=> C’est la voie la plus prometteuse vers le succès.


